Path 19 : Lucinda Childs signe une création pour le Ballet de l’Opéra de Paris, 42 ans après

C’est l’un des événements de la saison de danse parisienne : Lucinda Childs, figure majeure de la danse postmoderne américaine, signe une nouvelle création pour le Ballet de l’Opéra national de Paris. Baptisée « Path 19 », la pièce sera dévoilée au Palais Garnier dans le cadre de la soirée « Pulsations », programmée du 4 décembre 2026 au 2 janvier 2027. Un rendez-vous d’autant plus précieux que la chorégraphe n’avait plus créé pour la compagnie depuis « Premier orage » — il y a quarante-deux ans.

Lucinda Childs retrouve le Ballet de l’Opéra, 42 ans après #

L’annonce, détaillée par Sceneweb le 28 octobre 2026, a de quoi réjouir les amoureux de l’écriture minimaliste. Pionnière de la Judson Church new-yorkaise dans les années 1960, Lucinda Childs a bâti une œuvre fondée sur la répétition, la géométrie des trajectoires et une musicalité d’une précision d’horloger — on pense évidemment à « Dance » (1979), sa collaboration légendaire avec Philip Glass et Sol LeWitt.

Pour « Path 19 », la chorégraphe s’appuie sur la musique de Max Richter, compositeur dont les nappes répétitives et mélancoliques irriguent depuis vingt ans le répertoire contemporain. L’écrin visuel s’annonce soigné : scénographie de Bruno de Lavenère, lumières de David Debrinay, vidéo d’Etienne Guiol et costumes signés Chanel, partenaire régulier des créations du Ballet.

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« Pulsations » : trois pièces, trois époques #

La création de Childs s’inscrit dans une soirée composée qui traverse près d’un siècle de danse. Le programme « Pulsations » réunit trois œuvres aux esthétiques radicalement différentes, un format que l’Opéra affectionne pour faire dialoguer les générations chorégraphiques.

« Lamentation », le cri fondateur de Martha Graham

La soirée convoque d’abord un monument : « Lamentation » (1930), solo emblématique de Martha Graham sur une musique de Zoltán Kodály. Assise sur un banc, entravée dans un long tube de tissu, la danseuse y incarne le deuil à l’état pur — Graham disait vouloir suggérer « la tragédie qui hante le corps ». Près d’un siècle après sa création, cette pièce de quelques minutes reste d’une force sidérante.

« Schmetterling », l’entrée au répertoire de León et Lightfoot

Autre événement de la soirée : l’entrée au répertoire de « Schmetterling » (2010), pièce de Sol León et Paul Lightfoot créée pour le Nederlands Dans Theater, sur des musiques de Max Richter et du groupe The Magnetic Fields. L’œuvre s’ouvre sur la confrontation d’un fils avec la mort de sa mère et déploie une méditation sur le caractère éphémère de l’existence, servie par les costumes de Joke Visser et Hermien Hollander, les lumières de Tom Bevoort et la vidéo de Rahi Rezvani.

Le fil rouge musical de la soirée est d’ailleurs assumé : Max Richter signe la partition de deux des trois pièces, donnant à « Pulsations » une cohérence sonore rare dans les programmes composés.

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Childs, omniprésente sur les scènes françaises cet automne #

Le calendrier fait bien les choses : pendant que le Palais Garnier prépare « Path 19 », le public parisien peut déjà se plonger dans l’univers de la chorégraphe américaine. Le Ballet de l’Opéra de Lyon présente en effet « Dance » (1979) à La Villette, en diptyque avec « Høpe » d’Alessandro Sciarroni, comme le détaille le Journal La Terrasse. Une occasion idéale de mesurer le chemin parcouru entre le minimalisme radical des débuts et la création à venir.

Cette actualité confirme la place singulière de Lucinda Childs dans le paysage français : ses pièces sont régulièrement reprises par les ballets de Lyon et du Rhin, et son influence se lit chez toute une génération de chorégraphes européens attachés à l’épure et à la rigueur formelle.

Pourquoi on ira #

Voir une création mondiale de Lucinda Childs sur le plateau du Palais Garnier n’arrive, littéralement, qu’une fois par génération. La rencontre entre son vocabulaire géométrique et le corps de ballet de l’Opéra — rompu aux grandes machines classiques comme aux écritures contemporaines — promet un objet rare. Et pour les spectateurs qui découvrent la danse, la soirée « Pulsations » offre un condensé pédagogique idéal : le solo expressionniste de Graham, le lyrisme théâtral de León et Lightfoot, l’abstraction lumineuse de Childs.

Les représentations s’étalent sur un mois, vacances de Noël comprises, ce qui devrait faciliter l’accès aux billets — même si les soirées de création à Garnier affichent traditionnellement complet très vite. Les informations pratiques et la billetterie sont disponibles sur le site de l’Opéra national de Paris.

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