La Fin des temps : Philippe Decouflé fait danser Murakami au Théâtre du Châtelet

Philippe Decouflé présente au Théâtre du Châtelet La Fin des temps, première adaptation scénique d’un roman de Haruki Murakami, créée à Tokyo en janvier : il reste deux soirées, ce mardi 20 et ce mercredi 21 octobre 2026, à 19h30.

En bref
  • Un spectacle japonais mis en scène et chorégraphié par Philippe Decouflé, produit par HoriPro.
  • Neuf comédiens, dix danseurs et deux musiciens en alternance sur le plateau.
  • Joué en japonais, surtitré en français et en anglais, avec entracte.
  • Dernières dates : mardi 20 et mercredi 21 octobre, Grande Salle du Châtelet.

Quel est ce spectacle venu de Tokyo ? #

Le point de départ est un roman de 1985 que les lecteurs français connaissent sous le titre La Fin des temps, traduit par Corinne Atlan (Seuil, puis Points). En anglais, il s’appelle Hard-Boiled Wonderland and the End of the World. Deux récits s’y croisent : un monde urbain et futuriste, et une ville close, entourée d’un mur, où un homme est séparé de son ombre.

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Selon la page officielle du Théâtre du Châtelet, la commande vient de la productrice Miyako Kanamori, pour la société japonaise HoriPro. Le spectacle a été créé le 9 janvier 2026 à Tokyo et le théâtre le présente comme la toute première adaptation scénique d’un roman de Murakami.

Pourquoi Decouflé, pour un univers aussi littéraire ? #

Le choix n’a rien d’évident sur le papier, et c’est ce qui le rend intéressant. Decouflé n’est pas un metteur en scène de texte. Depuis les cérémonies des Jeux olympiques d’Albertville en 1992, il est d’abord connu pour un art du trucage, de la vidéo et du corps démultiplié, souvent avec humour.

Or le roman de Murakami fonctionne justement par dédoublements : deux mondes en parallèle, un héros qui perd son ombre, des personnages qui changent de rôle d’un récit à l’autre. Sur le plateau, plusieurs interprètes tiennent d’ailleurs deux rôles, l’un dans chaque monde. Ce va-et-vient entre réel et étrange, c’est le terrain de jeu habituel du chorégraphe.

Que voit-on sur scène ? #

La distribution réunit neuf comédiens et dix danseurs. Tatsuya Fujiwara, très populaire au Japon, joue « Watashi », le narrateur du monde urbain. Misato Morita incarne la bibliothécaire, Shuntaro Miyao l’Ombre. Deux interprètes, Kiita Komagine et Ryunosuke Shimamura, se partagent « Boku », le héros de la ville close.

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La danse n’est pas un intermède décoratif. Les dix danseurs portent les images du spectacle, entre les scènes parlées. La musique, signée Umitaro Abe, est jouée en direct, par le compositeur lui-même ou par Mayu Gonto en alternance.

Le Châtelet cite, parmi les références de la mise en scène, la comédie musicale et le kabuki. Il évoque aussi deux films qui ont marqué l’histoire du chant et de la danse au cinéma : Les Parapluies de Cherbourg et West Side Story. On est donc loin d’un théâtre récité : le spectacle assume le mélange des genres.

Une équipe artistique entièrement japonaise #

Autour de Decouflé, toute l’équipe de création vient du Japon. L’adaptation du roman est d’Ako Takahashi, la scénographie de K Ishihara, la lumière de Yukiko Yoshimoto. La vidéo, élément clé chez Decouflé, est confiée à Taiki Ueda, et les costumes à Ayako Maeda.

Le projet a reçu le soutien du Japan Creator Support Fund, un dispositif de l’Agence japonaise pour les affaires culturelles. C’est ce qui permet à une troupe de cette taille de venir jouer à Paris pour une courte série.

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Comment y aller ce mardi ou ce mercredi ? #

La série a commencé le vendredi 16 octobre. Il reste les représentations du mardi 20 et du mercredi 21 octobre à 19h30, dans la Grande Salle, place du Châtelet. La dernière est signalée « dernières places » sur la billetterie du théâtre.

Les tarifs vont de 6 à 59 euros selon la page officielle. Le spectacle dure environ deux heures et demie avec l’entracte, en japonais surtitré en français et en anglais. Les places se prennent en ligne, par téléphone au 01 40 28 28 40 en semaine, ou au guichet à partir d’une heure et demie avant le lever de rideau.

Ce mardi 20 octobre, le Châtelet propose aussi « Secrets d’une œuvre » : une présentation gratuite de 45 minutes avant la représentation, au Salon Diaghilev, menée par Aurélien Poidevin, directeur éditorial du théâtre. Elle est réservée aux spectateurs munis d’un billet pour le soir même. Les listings culturels, comme celui d’Agenda culturel Paris, classent d’ailleurs le spectacle en danse plutôt qu’en théâtre.

Faut-il avoir lu le roman ? #

Non. La structure en deux mondes peut dérouter au début, mais le spectacle repose beaucoup sur l’image, le mouvement et la musique. Pour ceux qui aiment la danse sans forcément connaître Murakami, la présentation d’avant-spectacle est un bon moyen d’entrer dans l’histoire.

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À l’inverse, les lecteurs du roman trouveront un intérêt particulier à voir comment un chorégraphe français traduit en gestes un livre réputé difficile à porter sur scène. Le pari semblait risqué. C’est précisément ce qui en fait l’une des propositions danse les plus singulières de cet automne parisien.

Questions fréquentes #

Le spectacle est-il en français ?

Non, il est joué en japonais, avec des surtitres en français et en anglais.

Combien coûtent les places ?

Entre 6 et 59 euros selon la catégorie, d’après la billetterie officielle du Théâtre du Châtelet.

Quand a-t-il été créé ?

Le 9 janvier 2026 à Tokyo, avant sa venue à Paris du 16 au 21 octobre 2026.

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