Dorothée Gilbert fait ses adieux à la scène dans L’Histoire de Manon au Palais Garnier

Il y a des soirs où le rideau tombe pour de bon. Le jeudi 15 octobre 2026, au Palais Garnier, Dorothée Gilbert a dansé pour la dernière fois en tant qu’Étoile du Ballet de l’Opéra de Paris. Pour cette sortie de scène, elle avait choisi L’Histoire de Manon de Kenneth MacMillan, un ballet narratif où la technique compte autant que le jeu d’actrice. Une semaine plus tard, la soirée reste dans toutes les conversations des amateurs de danse, et elle se revoit encore en ligne.

Une dernière Manon au Palais Garnier #

Dans son communiqué du 15 octobre 2026, l’Opéra national de Paris annonçait que les adieux de la danseuse Étoile auraient lieu à l’issue de la représentation de L’Histoire de Manon. La distribution réunissait autour d’elle Hugo Marchand et Thomas Docquir, sous la direction musicale de Kevin Rhodes.

Le choix de l’œuvre n’a rien d’anodin. Créé par MacMillan d’après le roman de l’abbé Prévost, ce ballet demande à son interprète de traverser tout un parcours dramatique : l’insouciance, la séduction, la chute. Pour une danseuse en fin de carrière, c’est l’occasion de montrer que la maturité nourrit l’interprétation, au lieu de la freiner.

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Le duo avec Hugo Marchand

Le compte rendu publié par Danses avec la plume insiste sur ce point : ces adieux marquent aussi la fin d’un couple de scène qui a compté à l’Opéra pendant une dizaine d’années, celui qu’elle formait avec Hugo Marchand. Les grands pas de deux de MacMillan, avec leurs portés acrobatiques et leurs élans d’abandon, se prêtent à ce genre de complicité construite sur la durée.

Trente-cinq minutes d’ovation #

Selon Danses avec la plume, la salle a applaudi pendant 35 minutes. La file d’attente faisait presque le tour du bâtiment avant le spectacle. Les saluts se sont d’abord faits avec toute la compagnie, puis Dorothée Gilbert est restée seule en scène, sous une pluie d’étoiles dorées et argentées. Elle a lancé ses pointes au public, puis elle a salué pieds nus.

Sur le plateau, José Martinez, directeur de la Danse, lui a remis un bouquet, et Hugo Marchand une grande gerbe de roses rouges. Plusieurs figures de la maison étaient venues, dont l’ancienne directrice de la Danse Brigitte Lefèvre, Nicolas Le Riche, Manuel Legris, Agnès Letestu, Clairemarie Osta, ainsi que les Étoiles récemment parties Mathieu Ganio et Ludmila Pagliero. Guillaume Diop, son partenaire de ces dernières saisons, était aussi présent.

Une Légion d’honneur et quelques mots

La soirée s’est poursuivie dans le Grand Foyer, où la danseuse a reçu la Légion d’honneur. Danses avec la plume rapporte les mots de José Martinez : « Tu pars en pleine possession de ton art, avec cette même joie qui était déjà là lorsque je t’ai connue petite fille à l’école de danse. » Dorothée Gilbert, elle, a eu cette formule : « Ce soir, je n’ai plus qu’un seul personnage à incarner : c’est moi-même. » À ses camarades de la compagnie, elle a lancé : « Vous faites le plus beau métier du monde. »

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Près de vingt ans au sommet de la hiérarchie #

Dorothée Gilbert avait été nommée Étoile en 2007, comme le rappelle Danses avec la plume, ce qui fait presque vingt ans passés au plus haut grade du Ballet de l’Opéra de Paris. Son parcours croise celui de plusieurs grands noms de la maison : Manuel Legris, son partenaire le soir de sa nomination, et José Martinez, avec qui elle a dansé Onéguine de John Cranko et dont elle avait interprété Mi favorita lorsqu’elle était jeune ballerine.

À l’Opéra de Paris, la soirée d’adieux d’une Étoile fait partie des traditions les plus suivies de la maison : Danses avec la plume la compare d’ailleurs à celle d’Isabelle Ciaravola en 2014. Chacune choisit son rôle d’adieu, et ce choix dit souvent beaucoup de la personnalité de l’artiste. Opter pour Manon, c’est choisir l’émotion et le récit plutôt que la simple démonstration technique.

Revoir la soirée en replay #

La représentation du 15 octobre a été diffusée en direct sur POP, la plateforme vidéo de l’Opéra de Paris, qui ouvrait ainsi sa saison 2026-2027. D’après la page de l’Opéra consacrée à cette diffusion, le spectacle est disponible en replay dès le lendemain du direct et pendant 30 jours. Ceux qui n’ont pas pu obtenir de place ont donc encore quelques semaines pour découvrir cette dernière Manon.

Pour les passionnés de danse, c’est aussi une belle porte d’entrée vers le répertoire de MacMillan. Regarder ce ballet avec un œil attentif aux bras, aux regards et à la manière dont les deux interprètes se répondent permet de comprendre pourquoi un duo installé sur dix ans se reconnaît à la première seconde.

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Et maintenant ? #

Le départ d’une Étoile rebat toujours un peu les cartes au sein de la compagnie. Les rôles principaux qu’elle tenait vont se répartir entre d’autres danseuses, et la question des prochaines nominations revient dans les conversations du public. La saison 2026-2027 du Ballet de l’Opéra de Paris se poursuit à Garnier comme à Bastille, avec d’autres soirées à suivre de près.

Une chose est sûre : la soirée du 15 octobre rejoint la liste des adieux qui marquent la mémoire de la maison. Ceux qui y étaient en parleront longtemps, et les autres peuvent encore la regarder sur POP.

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