C’est l’un des rendez-vous danse de cet automne à Paris : à partir du 18 octobre, La Scala accueille « Un petit pas de trop », la nouvelle pièce de Kader Attou. Pendant deux semaines, jusqu’au 1er novembre, le chorégraphe star du hip-hop français remonte sur scène en trio pour une création qui ose le mariage du hip-hop et du burlesque.
Plan de l'article
Kader Attou de retour sur le plateau #
On ne présente plus Kader Attou : figure historique de la danse hip-hop en France, fondateur de la compagnie Accrorap, il a dirigé pendant des années le Centre chorégraphique national de La Rochelle et imposé une écriture qui fait dialoguer la rue avec les scènes nationales. Avec « Un petit pas de trop », il ne se contente pas de signer la direction artistique et la chorégraphie : il danse lui-même, entouré de deux interprètes de haut vol, Régis Truchy et Mansour Abdessadok.
Le trio explore le déséquilibre, la maladresse et les malentendus qui naissent de styles très différents. D’après la page officielle de La Scala Paris, la pièce se veut tout public et travaille l’expressivité du corps : le faux pas y devient matière chorégraphique, le ratage un ressort comique. La fiche du spectacle publiée par Fréquence Sud résume bien l’esprit du projet : entre virtuosité et éclats de rire, l’élégance côtoie l’humour et la maladresse devient poésie, le tout dans un format d’environ une heure.
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Le burlesque, terrain naturel du hip-hop
Le rapprochement n’a rien d’artificiel. Le burlesque de Chaplin ou de Keaton repose sur une maîtrise corporelle absolue mise au service du dérèglement : chutes contrôlées, équilibres impossibles, mécaniques qui s’enrayent. Le hip-hop, avec ses freezes, ses passages au sol et son sens du défi, manie exactement les mêmes outils. Chez Attou, qui a toujours revendiqué une danse ludique et accessible, ce croisement prolonge une recherche entamée de longue date : faire rire et émouvoir sans renoncer à l’exigence technique, et prouver que la virtuosité n’est jamais aussi frappante que lorsqu’elle feint la gaucherie.
Une équipe de création soignée #
Autour du trio, Attou a réuni ses complices habituels. La création musicale et sonore est signée Régis Baillet, alias Diaphane, collaborateur de longue date du chorégraphe, les lumières sont de Fabrice Crouzet et la scénographie d’Olivier Borne. La pièce est produite par la compagnie Accrorap, avec Le Toboggan à Décines et Scènes & Cinés, scène conventionnée Art en territoire, et le soutien de Pôle en Scènes.
Ce compagnonnage avec Le Toboggan n’est pas anecdotique : la scène de la métropole lyonnaise a accompagné la naissance du spectacle, avant que la pièce ne prenne la route des théâtres français. La presse spécialisée a d’ailleurs réservé un accueil chaleureux au trio, Télérama saluant des interprètes d’exception et la critique soulignant l’élasticité des corps et la place laissée aux vocabulaires contemporain et classique au milieu du hip-hop.
Infos pratiques pour la série parisienne #
Les représentations se tiennent dans la grande salle de La Scala Paris, au 13 boulevard de Strasbourg dans le 10e arrondissement, du 18 octobre au 1er novembre. Selon les dates, le spectacle est donné à 15 heures ou à 19 heures, des horaires pensés pour les familles et les sorties de week-end, cohérents avec l’ambition tout public de la pièce. Les places s’échelonnent de 14 à 38 euros selon les catégories, une fourchette raisonnable pour une création de cette envergure dans une salle du centre de Paris.
Le format d’une heure environ en fait une porte d’entrée idéale pour les spectateurs qui n’ont jamais vu de danse hip-hop en théâtre : assez court pour les enfants, assez dense pour les amateurs éclairés. Ceux qui découvrent Attou par cette pièce pourront ensuite remonter le fil d’une œuvre déjà riche, de « The Roots » à « Allegria », qui a fait beaucoup pour la reconnaissance institutionnelle du hip-hop français.
Et après Paris ?
La série parisienne n’est qu’une étape. La tournée se poursuit ensuite en région : Fréquence Sud annonce notamment un passage au Théâtre la Colonne de Miramas le 18 janvier 2027, dans le cadre de la saison de Scènes & Cinés, coproducteur du spectacle. Les spectateurs du Sud-Est qui manqueraient les dates parisiennes auront donc une session de rattrapage en début d’année.
Pour le public francilien, en revanche, la fenêtre est courte : deux semaines seulement pour voir trois danseurs confirmés transformer le faux pas en art majeur. Dans une rentrée danse parisienne chargée, ce « Petit pas de trop » a tout du grand écart réussi entre exigence chorégraphique et plaisir immédiat, et il serait dommage de passer à côté.




